Cela fait maintenant quelques années que je connais Alexandre, plus de six ans pour être à peu près précis. La première fois que je l’ai rencontré, il venait d’intégrer l’agence Kassius du groupe Wunderman à Paris, en tant que Community Manager (agence dans laquelle j’étais stagiaire en 2012). Pour être franc, cette rencontre était certainement le point le plus positif de ce stage. Le reste me laisse le goût d’un café sans eau. Après quelques sorties « cuir moustache » au Mizmiz dans le 11e (paix à son âme), on est devenu pote. Le gars m’a beaucoup apporté ces dernières années, aussi bien humainement que professionnellement. Je me suis dit que c’était très certainement le bon moment, pour vous comme pour moi, de lui poser quelques questions sur son parcours et sur la vision de sa profession au quotidien. Attention, l’instant love c’est terminé. 👊

Alexandre Pauleau

Alexandre Pauleau


Comment t’es-tu retrouvé Social Media Manager chez Isobar France ?

Et bien comme beaucoup de personnes qui travaillent dans ce domaine je n’ai pas fait d’études « digital ». J’ai une licence en droit et une maîtrise en communication corporate. Bien loin du digital donc ! J’ai commencé en tant qu’assistant chargé de com’ évènementiel et c’est là que j’ai commencé à toucher au community management. À partir de là, j’ai voulu en faire mon métier, car j’y voyais une voie où m’épanouir en me formant moi-même et surtout un terrain de jeu à défricher loin des disciplines déjà maîtrisées de A à Z.

Après cette première expérience, j’ai trouvé un premier poste de CM chez Kassius (groupe Wunderman) pendant 3 ans qui m’a permis de me professionnaliser sur la partie opérationnelle. J’ai pu travailler pour les Pages Jaunes, Opel France ou encore Sea-doo Europe.

Ensuite, j’ai intégré Isobar en tant que CM monde pour Citroën et DS où j’ai pu évoluer à un niveau international pour mettre en place la stratégie social media du groupe. Ici, j’ai pu travailler à un niveau plus stratégique pour accompagner les pays sur la mise en place des guidelines de marque.

À la suite de cela, je suis passé Social Media Manager chez Cheil. J’ai travaillé sur la stratégie de brand content du programme Tumblr de Samsung France et beaucoup sur le programme de brand content du projet Samsung Life Changer.

Enfin, j’ai réintégré l’agence Isobar en tant que Consultant Social Media pour piloter différents comptes dans un rôle plus sénior.

Tu bosses sur quoi ?

En ce moment, je fais de l’accompagnement stratégique pour des marques (ex : imagine R). À côté, je bosse sur des solutions CM où je pilote une équipe de trois CM (ex : Klépierre). Et depuis mon retour chez Isobar, je peux aussi dire que j’ai travaillé pour Honda Moto, Martell, ou encore Post-it.

 

La campagne dont tu es le plus fier ?

Je dirais le Samsung Life Changer Park de part :
– Son ampleur : 3 jours d’event gratuit sur le parvis de la BNF en juin 2016.
– Son succès : Plus de 40 000 personnes sur les 3 jours. L’entrée a même dû être fermée plus tôt le dimanche pour que les personnes déjà entrées puissent profiter des attractions. Cerise sur le gâteau, le park a obtenu plus de 10 prix aussi bien en event qu’en brand experience.
– La multitude des expériences requises (digital, brand content, event, retail…)
– Le risque que cela représentait.
Un projet aussi colossal impliquait pratiquement tous les métiers du client et de l’agence. C’est toujours un risque aussi bien financier qu’en terme d’image. Le risque a été payant, vu le succès de l’opération.
Des images valent mieux que des mots : http://bit.ly/2FmfuI6

Ce que tu aimes le plus dans ton métier ?

D’une part, je dirais la part d’incertitude. Les paramètres du social media changent extrêmement souvent. Ce n’est pas une science exacte. Nous sommes obligés de nous réinventer régulièrement.
D’autre part, la créativité que cela engendre. Il y a toujours tout à faire !

Quelle est la pire situation que tu as vécu dans ton métier. Comment l’as-tu géré ?

Bonne question ! Et bien… Même si ce n’était pas directement moi, je pense à un badbuzz que l’on a subi sur l’un de nos clients (il y a plusieurs années). Beaucoup de stress pour gérer une situation totalement inconnue avec une très grande pression due au statut de ce client. Au final, des heures de CM pour juguler la crise et des tonnes de reportings pour justifier et expliquer le pourquoi du comment.

 

D’après ton expérience, que doit comporter une bonne stratégie social media ?

Il y a beaucoup de choses qui rentre en compte… Je dirais en premier lieu une très bonne connaissance de son client pour bien délimiter ses besoins et ses objectifs. Dans un second temps, une très bonne connaissance du social media pour trouver une réponse adaptée.

Tes trois principales recommandations pour maintenir une communauté active sur Facebook, Instagram et consorts ?

  • Pertinence du propos au service de la marque
  • Créativité dans l’expression et l’illustration
  • Utilité pour la communauté

Que devrait toujours garder en tête une marque en social media ?

Qu’elle ne maîtrise rien. Si une marque pense pouvoir tout régir en social media, elle n’a rien compris.
Il y a des centaines d’exemples pour illustrer mon propos… Pour être un peu plus précis on pourrait parler de l’effet Streisand que certaines marques ont pu expérimenter comme Nestlé avec Greenpeace en 2010.

Pour ceux qui lisent cet échange, pourrais-tu faire un rappel sur les différences entre un CM, un social media manager et un consultant social media ?

Ce n’est que ma vision, mais pour moi, un community manager est là pour maîtriser la partie opérationnelle du social media et pour mettre en place la stratégie social media. Le social media manager est un community manager senior avec une maîtrise de la stratégie des moyens. Quant au consultant, il intervient dans la stratégie social media à proprement parlé et a généralement un rôle commercial (en agence).

Pour toi, quelles sont les nouveaux skills qu’il faut ou qu’il va falloir maitriser pour un social media manager ?

Je dirais une connaissance média plus poussée. Le social media est de plus en plus, malgré ses spécificités très particulières, un média à part entière. Il faut donc appréhender une stratégie social media comme on appréhende une campagne médias avec des temps forts pensés avec un fort axe média.

 

Pour toi, ça serait quoi une bonne approche pour vendre son service via Facebook par exemple ? L’objectif final est toujours plus ou moins le même, non ? Essayer de construire des scénarios pour vendre et être rentable ?

Pour le coup, je ne suis pas d’accord. On peut utiliser le social media (comme n’importe quel support de com’), comme un outil de communication et non pas forcément comme un outil marketing. En effet, lorsque le social media est utilisé dans un objectif marketing/business, je pense qu’il faut l’utiliser dans son format purement publicitaire (dark). Les communautés ne te suivent pas (forcément) pour que tu les abreuves de messages pub, mais plus pour développer un lien avec elles. Il faut donc développer une stratégie marketing/pub dédiée et dissociée de la stratégie ongoing de contenus, qui pour moi ne répondent pas aux mêmes objectifs.

 

Que dirais-tu à une entreprise qui fait de la publicité sur Facebook et qui n’a pas toujours pas installé son pixel de conversion sur son site web ?

De contacter Guillaume Le Garjean. Il maîtrise cela bien mieux que moi !

Des outils / services que tu juges indispensable pour bien gérer ses comptes social media ?

À mon sens, il n’existe pas encore (et difficile de penser qu’il existera un jour) un outil parfait.
Sinon dans les basiques, il y a Business Manager pour gérer ses pages Facebook et ses comptes publicitaires.
Tweetdeck pour piloter ses comptes Twitter et faire de la veille.
Pour les statistiques, il y a le classique Socialblade, toujours utile !

As-tu des sources d’informations utiles pour ta veille ?

Du côté français, j’aime bien lire Le Blog Du Modérateur. Sinon côté anglophone, Adage, Adweek, Tech Crunch, The Next Web.

Le futur des réseaux sociaux, ça serait quoi pour toi ?

Moins de gestion au quotidien (qui pour moi sera internalisé) et plus de stratégies de contenus intégrés aux différentes campagnes de marques

Quels sont les indices qui te persuadent de la qualité d’un freelance ?

Pour le coup ma réponse va être plutôt classique, mais ce sont les références, qui pour moi feraient pencher la balance. Après, « Les actes valent mieux que les mots. » selon la citation !

As-tu déjà pensé à switcher vers le statut de freelance ?

Ça m’est arrivé, mais je ne pense pas être assez complet pour pouvoir être un bon freelance. On ne s’en rend pas forcément compte, mais être freelance c’est être très bon dans son domaine mais également savoir gérer son entreprise et savoir être un bon business developper !

La neutralité du net est un sujet qui te préoccupe ? Si oui, penses-tu que L’Europe a une carte à jouer ?

Joker, je ne me suis jamais vraiment penché sur cette question ! Mais maintenant que tu le dis, je devrais sans doute !
👉 Sur ce sujet, je vous recommande un excellent podcast de Usbek & Rica ici.

Que dirais-tu à tes progénitures lorsqu’ils voudront s’inscrire sur un réseau social ? ^^

Je ne leur dirais certainement rien car ils l’auront sans doute fait avant que je puisse m’en rendre compte. Par contre, j’espère avoir un dialogue suffisamment facile avec eux pour qu’ils intègrent naturellement tout ce que cela engendre et dont il faut faire attention (vie privée…).

Des artistes que tu aimes bien écouter lorsque tu bosses ?

Je viens de découvrir Den Sorte Skole. Deux danois qui samplent tout ce qui bouge d’une manière incroyable ! Parfait pour travailler !
 


Tu préfères… t’autoliker à vie ou liker à vie toutes les photos de Jeremstar ?

M’autoliker sans hésiter.

Une plateforme sur laquelle on peut échanger avec toi facilement ?

Mon Twitter évidemment ! C’est direct et public donc beaucoup plus facile 🙂

Merci Alex ! 👌

 

Guillaume Le Garjean

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